Une rencontre (fragments)

Je vois une très jolie fille dans son coin, qui ne veut pas parler avec les gens, donc je décide d’aller la voir sans la brusquer, en lui demandant comment elle s’appelle. Elle est timide, mais a une autre personnalité quand on lui parle.


« Ça va ?
— …
— À ce que je vois, t’aimes bien les chaussettes colorées.
— …
— Et tu t’énerves pas.
— …
— On dirait que tu n’aimes pas les hommes, parce que tu regardes mal tous les hommes de cette salle.
— …
— Toi, ça se voit que tu n’en fais qu’à ta tête. »


C’est l’histoire de Mohamed, qui jouait à GTA en ligne et qui était en équipe avec Cécile93. Un jour, Mohamed lui demande : « Ça fait combien de temps que tu joues sur PC ? » Cette dernière, en le draguant, lui dit que c’est devenu plus amusant depuis leur rencontre, et elle lui propose de faire une partie ensemble, chez elle. Et ce qui s’est passé s’est passé.


« À la mort de M. Koro, j’ai pleuré toutes les larmes de mon corps.
— De fou ! Même moi. Mais la mort la plus triste, choquante, charismatique et inattendue, c’est la mort de Barbe Blanche.
— On pourrait en parler deux heures. »


Je mange tout le temps dehors, jamais chez moi. Il m’arrive d’avoir souvent mal au ventre à cause de ça, mais un jour je suis allé dans un fast-food pas comme les autres, qui propose de manger un grec gratuit. Mais dans la vie, rien n’est gratuit. Il m’a proposé de porter une montre technologique pendant que je mangeais. Pour moi, rien de banal. J’ai accepté. Après avoir fini de manger, je lui ai rendu sa montre, sauf que tout ce que je pensais s’est réalisé après avoir porté cette montre. Ma vie est devenue vachement bizarre. À chaque fois que je voulais quelque chose, ça se réalisait, sauf l’envie que tout mes professeurs démissionnent. J’allais au lycée en trottinette électrique. J’ai trouvé ça bizarre. Je suis retourné au restaurant. Mais, quand je m’apprêtais à entrer, il était fermé, et il y avait une lettre. Dans cette lettre était écrit que, après avoir lu cette lettre, il y aurait pour toujours des esprits dans mon sommeil. Morale de l’histoire : n’acceptez jamais rien de gratuit.


« Bien ou quoi ? T’habites dans le coin ou quoi ?
— Ouais j’habite à côté. Et toi ?
— Moi, j’habite loin. »


« Je prends le métro à Porte-de-Montreuil.
— Quand tu es dans le métro, tu croises tes copains ?
— Oui, très souvent. Ça dépend où je finis et où on se croise. »


D’abord, elle fait son petit déjeuner. Elle a des chats et un chien chez elle. Elle aime surtout jouer avec ses animaux, mais le défaut de Jeannette c’est qu’elle laisse toujours ses animaux dans son canapé et ils défèquent là-dedans et donnent une mauvaise odeur à sa maison. Enfin, Mlle Jeanette est toujours sociable et aimable.


« Je le prends à Stalingrad et je descends à Alexandre-Dumas.
— Ah bon, comme moi. Mais avant Stalingrad, je prends la ligne 5. Après être sorti à Alexandre-Dumas, tu remontes la pente ?
— Oui. Comment tu sais ?
— Bah, je t’ai déjà vu dans mon lycée. »


J’aime beaucoup les bébés, car je trouve ça très mignon et trop chou. J’adore leur petite main et leur sourire, quand ils sourient.


« Je t’ai pas raconté ! J’ai vu mon artiste préféré : Dadju. Je l’ai vu avec Franglish et Imen Es. On a fait une photo ensemble, ils étaient grave souriants et gentils, et j’ai eu une dédicace. »


« J’ai grave une anecdote à te raconter.
— J’t’écoute !
— Je partais en Amérique du Sud et je me suis…
— … Arrête de mentir !
— J’ai pas fini… Je me suis battu avec mon frère et, tout à coup, une espèce de lézard, mi-dragon mi-crocodile… (en faisant la scène) On a couru jusqu’au dernier souffle. Puis on se retourne, et plus rien.
— On y croit.
— Je te jure.
— Bref. Mais comment t’as eu ta balafre à l’œil ?
— Ma mère m’a donné un coup de poing parce que j’ai pas rangé ma chambre.
— Ha ha ha, désolé (en cachant son sourire avec sa main). Là, je te crois. »


Elle n’aime pas se lever en se disant qu’elle doit prendre le métro un jour de pluie. Après être sortie de chez elle, elle passe toujours par la boulangerie pour prendre une petite viennoiserie, puis continue son trajet.


« Salut les filles ! Je vous présente ma nouvelle voisine. »
Nous parlâmes avec la nouvelle voisine de S., et je remarquai qu’elle avait un petit accent du Sud.


« Comment tu t’appelles ?
— T’es de quelle origine ?
— T’as quel âge ?
— T’es une meuf d’où ? »


Un matin en sortant de chez moi, j’ai vu un grand homme barbu avec un fusil à la main. J’ai eu drôlement peur, je tremblais, je n’arrivais plus à marcher. Je devais prendre le bus le plus vite possible pour ne pas être en retard à l’école. Il faisait sombre et le soleil n’était pas levé. Le grand homme devient totalement fou, il vise toutes les personnes passant par son chemin. Je pense que c’est la fin pour moi. Il me menace, je reste figé pendant quatre minutes. En un instant, je me rappelle que je suis fort et que je peux m’en sortir. Je cours super vite, sans m’arrêter, je vois le bus 64 arriver, je le prends et me sens soulagé. J’arrive cinq minutes en retard. Le lycée était déjà fermé. J’ai un sentiment de peur, encore. Imaginez qu’il arrive encore ! Où je vais me cacher ? Et si je le raconte au professeur, me croira-t-il ?


Alors j’ai rien à dire, mais il faut être patient, c’est tout.


J’aime être calme mais, quand je fais du bruit, j’en fais.

Fragments choisis par Antonin Crenn, parmi les textes d’Adama, Anfal, Bafiyon, Elimane, Ephrem, Fatou, Fatoumata, Hajar, Islem, Joris, Kadiatou, Karamoko, Mohamed, Morgane, Nelly, Océane, Olivia, Ridzo, Sofiane, Yamina et Yousra, écrits en réponse aux autoportraits de la séance précédente.

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