Mon parcours

Il y a un an de cela, à cette même heure, j’étais dans une salle de classe, assise à côté d’une camarade qui se surnommait Khady. On racontait ce que nous voulions faire plus tard. Notre avenir, nos métiers, nos rêves.

Aujourd’hui même, je suis assise sur mon lit, regardant dans le vide. Actuellement, 8 heures. Prête à passer un entretien. Peut-être le début d’un nouveau quotidien. Je suis un peu anxieuse, mais excitée à la fois. Vais-je réussir ? À nous deux maintenant !

Pour me rendre à l’entretien, j’ai pris ma voiture, j’ai pensé à mettre l’essence la veille. Le cabinet ne se trouve pas très loin de mon appartement. Et dire que, dans mes années de lycée, le « trio énervant » me disait que je n’allais pas réussir…

Cinq ans plus tard… Me voici dans mon bureau. Une femme vient de sortir après notre rendez-vous, car sa banque a fait faillite. Moi qui gère les dossiers en droit « banque et finance », c’est ma spécialité ! Je ne respire plus, je suis exténuée. Rendez-vous sur rendez-vous. Je ne fais que ça de mes journées. Un temps pour moi ? Je ne peux pas me le permettre, c’est beaucoup trop important.

Le 11 janvier 2027, la secrétaire me transmet un appel. Une jeune femme du nom de Khady souhaiterait me voir. J’accepte. Elle entre dans mon bureau, après avoir toqué et attendu mon autorisation.

« Bonjour, que puis-je faire pour vous ?
— Je souhaiterais porter plainte, car on m’a volé de l’argent dans ma banque. »

Je la regarde attentivement. Ça me perturbe, car elle me paraît familière.

« Euh… Excusez-moi ?
— Ah ! Oui, excusez-moi, j’étais dans mes pensées. Donc, on vous a volé de l’argent, c’est ça ?
— Oui, c’est ça… Mais votre nom me dit quelque chose… Auriez-vous fait des études au lycée Charles-de-Gaulle ?
— Oui. Vous êtes… ?
— Khady. Nous étions ensemble en français. Résidence artistique… où on parlait de notre avenir. Je vois que vous avez réussi !
— Ah oui, je me souviens ! Ça fait longtemps… Et toi, tes projets de voyage, les as-tu réalisés ?
— À peu près… Je te raconterai plus tard.
— Oui, bien sûr. Ça fait vraiment plaisir de te revoir. Je me disais bien que ton visage m’était familier.
— Moi aussi ! Mes proches m’ont recommandé de prendre rendez-vous avec toi. Je suis contente que tu aies réussi. »

Je lui souris après cette réflexion. Et nous continuons le rendez-vous. Nous avons tellement de choses à nous dire !


Écrit par un·e élève de la classe de Seconde C (Adama, Anfal, Ephrem, Fatou, Fatoumata, Islem, Joris, Kadiatou, Karamoko, Mohamed, Nelly, Océane, Olivia, Ridzo, Sidi-Mohammed, Sofiane, Yamina, Yousra, Zoé) pendant les ateliers du 23 novembre, 30 novembre et 7 décembre 2020, à partir du thème : « À nous deux maintenant ! »

Pourquoi l’ai-je trouvé ?

Je marchais dans la rue quand, soudain, un jeune homme m’arrêta. Un lycéen. Il dit se prénommer Light, Light Yagami. Il dit :
« J’ai trouvé un Death Note, le cahier qui tue les gens, et ça fait deux semaines que je l’ai. Tu dois te demander pourquoi je te dis ça. Je vais te répondre, suis-moi. Je ne peux pas t’expliquer ici. »

Je n’eus même pas le temps répondre qu’il prit ma main et m’amena jusque chez lui. En entrant chez lui, je vis un démon. Je supposais qu’il était le mien.

« Bon, nous devons faire équipe avec Misa.
— Qui est Misa, au juste ?
— Elle est comme nous. Récapitulons : nous avons trois Death Notes, qui servent à tuer. Comment s’en servir ? Il faut se souvenir du visage et du nom de la personne qu’on veut tuer. Sans raison valable, elle meurt d’une crise cardiaque sur le coup. »

Ding dong. Light dit :
« Je vais ouvrir. »

Je restai assise devant Ryuk, le dieu de la mort de Yagami. Le mien était parti, je ne sais où (ils ne sont pas obligés de rester avec nous H24).

Plus tard, Light me demande une chose que je ne pourrai jamais faire. Je m’exclame :
« Non, je ne peux pas !
— Mais ce sont des criminels, ils le méritent.
— Et toi… »

Je me fais couper la parole par une voix aiguë. C’est Misa.
« Il était temps, dit Light.
— Je suis désolée… »

Misa me regarde de travers, et dit :
« Qu’est-ce qu’elle fait là, elle ?
— Trêve de bavardage, répond Light. Tu le fais ou pas ? »

Dans ma tête, c’est le désordre. J’ai l’impression que je vais vomir, j’ai mal à la tête… et ma réponse est…

Là, j’entends « Tulutulutulu ». L’alarme sonne. Je suis en sueur. Quelle était ma réponse ? Oui, non, peut-être ? Je ne le saurai jamais, et vous non plus.


Quinze ans plus tard, avec lui. Il a fait le même rêve que moi. « Death Note, Death Note, Death Note », ça résonne dans sa tête. Il met ses mains sur sa tête en tirant sur ses cheveux. Moi, je le regarde fixement.
« Ça recommence ! », crie-t-il…

Je le regarde silencieusement, puis je lui dis :
« Mon fils… »

Je reprends ma respiration et je lui dis tout bas :
« J’ai eu le même rêve. »

Je baisse la tête.
« Je ne pense pas que c’était un rêve. Regarde. »

Je lui présente le cahier. Et je le jette.


Écrit par un·e élève de la classe de Seconde C (Adama, Anfal, Ephrem, Fatou, Fatoumata, Islem, Joris, Kadiatou, Karamoko, Mohamed, Nelly, Océane, Olivia, Ridzo, Sidi-Mohammed, Sofiane, Yamina, Yousra, Zoé) pendant les ateliers du 23 novembre, 30 novembre et 7 décembre 2020, à partir du thème : « À nous deux maintenant ! »

Toujours y croire

Enfin installée, je fonds en larmes en repensant comme ça a été dur pour arriver jusque-là. Toutes ces galères, la misère. J’aurais pu flancher, et j’ai eu l’occasion de le faire, mais je ne l’ai pas fait, tous ces jours où je n’y croyais plus.

Aujourd’hui, j’ai vingt-cinq ans et j’achète ma première villa. Je suis tellement fière. J’ai un travail qui me plaît et une vie que je kiffe. Et c’est tellement satisfaisant de se lever le matin et de faire quelque chose que j’aime.

Ne pas lâcher, on le répète souvent, mais c’est vraiment la clé de la réussite.


Écrit par un·e élève de la classe de Seconde C (Adama, Anfal, Ephrem, Fatou, Fatoumata, Islem, Joris, Kadiatou, Karamoko, Mohamed, Nelly, Océane, Olivia, Ridzo, Sidi-Mohammed, Sofiane, Yamina, Yousra, Zoé) pendant les ateliers du 23 novembre, 30 novembre et 7 décembre 2020, à partir du thème : « À nous deux maintenant ! »

Ma vie et moi

Trois mois plus tôt, j’habitais dans une maison de trois étages que mon père avait offerte à ma mère avant sa mort. On avait un chien qui s’appelait Chuck, il est mort dans l’incendie.

Hier, un incendie s’est déclenché chez moi pour la deuxième fois depuis cinq ans. Ma famille et moi avons dû partir pour la deuxième fois. J’ai encore dû changer d’école, de ville et d’amis. J’ai encore dû revenir à zéro et tout recommencer.

Cinq ans plus tard, je suis en seconde dans un lycée professionnel en mécanique auto. Je suis heureuse et épanouie dans ma nouvelle école. À vous d’imaginer la suite…


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Le voyage imaginaire de Las Vegas

« À nous deux maintenant », me dis-je dans la tête en voyant la ville, la nuit, dans un grand avion avec trois cents personnes. Je regardais par la vitre et je voyais Las Vegas allumé le soir, avec la Tour Eiffel brillant, couleur or. Une fois descendue, je pris un taxi pour aller à l’hôtel cinq étoiles. Je pris pour quinze jours et quatorze nuits.

Le lendemain, j’allai au casino vers 18 heures, pour essayer. J’ai gagné au bout du deuxième tour et après, vers 21 heures, je suis allée réclamer mes prix (vingt-cinq mille dollars) pour trois mille cinq cent soixante-deux jetons. Après, je suis allée à l’hôtel.

Demain, je partirai pour m’acheter des bijoux, une voiture et des vêtements. Avant, à Paris, je ne pouvais pas avoir tout ce que je voulais. Depuis que je suis partie à Las Vegas, je peux m’acheter tout ce que je veux grâce aux jeux d’argent.

Dans trente ans, il y aura des villes flottantes et des voitures volantes, et de l’argent en spectre. Les villes seront bleu et blanc. La Tour Eiffel ne sera plus en or. Le soir, elle sera en bleu brillant, un bleu foncé aussi brillant, et du blanc. Quelques villes seront volantes, mais pas la Tour Eiffel.


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Le but de ma vie

Je m’appelle Tanguy Kouassé. Jeune joueur formé au Paris-Saint-Germain de treize ans jusqu’à dix-sept ans, puis je signe au Bayern de Munich pour un contrat de trois ans. Aujourd’hui, je n’ai pas été sélectionné pour jouer la Ligue des Champions, car je sors d’une blessure vraiment éprouvante, qui a duré un mois et demi. Samedi, je vais réintégrer le terrain pour la première fois depuis des mois. Cinq minutes avant le coup d’envoi, je me dis avec beaucoup d’émotion « À nous deux maintenant », même si le cœur est rempli de stress, d’excitation, de rage. À la soixantième minute, mon coéquipier me fait une passe en profondeur. Au moment de tirer, tout s’arrête dans ma tête. Je repense à mes ligaments croisés, quand je ne pouvais plus bouger mon pied. Ma famille était présente durant cette période, et je me souviens de ma mère qui m’avait dit : « Mon fils, tout ce que tu feras dans la vie, je serai avec toi. » Et juste pour cette phrase, je me dois de marquer un but, pour ma mère et mes proches. Et donc là, je tire…

Dix ans plus tard, je suis nominé au Ballon d’or. Alors que je ne pensais jamais retourner sur le terrain après ma blessure, la détermination a payé. Aujourd’hui, je suis au FC Barcelone avec des légendes comme Lionel Messi. Je dois mon football d’aujourd’hui à ma blessure qui a changé ma vie. Le tapis rouge est devant moi, les flashes crépitent dans une salle énorme. Je suis entouré des meilleurs joueurs de l’année, comme Mbappé, Ansu Fati et Sancho.


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L’escale de ma vie

Tous les matins, je me lève de bonne humeur en me disant que je vais apprendre le métier que je voudrais faire plus tard : agent d’escale dans un aéroport. C’est cela qui me motive. C’est ce que j’aime. Puis, je reviens à la réalité… où je me dis tous les matins : « À nous deux maintenant ! » quand je rentre au lycée, car je sais qu’une longue journée m’attend, et que je ne vais pas aimer ce que je vais faire, donc ça me démotive de jour en jour.

Cinq ans plus tard… Je me lève pour aller à l’aéroport faire le boulot que je voulais tant faire, étant petite. Ce que j’aime dans ce travail, c’est qu’on voit des personnes différentes chaque jour, des personnes qui ont le sourire de voyager, qui sont contentes. Et je rentre chez moi heureuse, chaque jour que je passe dans ce travail, heureuse de rencontrer de nouvelles personnes le lendemain.

Aujourd’hui, j’ai enregistré le billet d’avion d’une femme très souriante, qui allait aux États-Unis pour un mois, mais n’avait pas de valise. Elle avait seulement un sac à main. J’étais très curieuse à l’idée de savoir où elle allait, puis je me suis mise à sa place : je trouvais ça un peu déplacé de ma part de lui demander, donc je lui ai souhaité un bon voyage, en ne sachant jamais ce que cette femme faisait.

J’aime voyager, découvrir le monde, les langues, la nourriture, etc. Si je n’étais pas à l’école, je serais en train de voyager dans un pays très lointain, aux Maldives.


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Une descente aux enfers dans un coin de paradis

Il veut refaire sa vie car il veut oublier son passé.

Il a eu des problèmes avec sa femme.

Elle l’a trahi.

Elle l’a trompé.

Il a été choqué, il a pris ses affaires, puis il est parti de leur maison avec beaucoup de tristesse et de colère. Pour refaire sa vie, il part loin de leur maison commune. Il recherche une maison au bord de la mer, car il veut se réveiller en voyant le paysage et la mer, et oublier son passé pour passer à autre chose.

Dix ans plus tard. Il regarde la mer et le ciel avec sa femme et ses enfants, puis il regarde sa femme avec le sourire. Ils attendent un troisième enfant et vivent heureux.


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À mille à l’heure

Mon cœur bat à mille à l’heure. Je suis deuxième de la liste de la compétition de saut en hauteur. J’ai une boule au ventre. Je vais pas vous mentir : mon adversaire s’en sort pas mal. C’est vraiment serré. J’ai envie de tout lâcher. Dans le coin de ma tête, je me dis « À nous deux maintenant ! » Il est temps de le faire pour « nous », pour moi. À ce moment précis, je pense à mon honneur et à ma réussite.


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