Toujours y croire

Enfin installée, je fonds en larmes en repensant comme ça a été dur pour arriver jusque-là. Toutes ces galères, la misère. J’aurais pu flancher, et j’ai eu l’occasion de le faire, mais je ne l’ai pas fait, tous ces jours où je n’y croyais plus.

Aujourd’hui, j’ai vingt-cinq ans et j’achète ma première villa. Je suis tellement fière. J’ai un travail qui me plaît et une vie que je kiffe. Et c’est tellement satisfaisant de se lever le matin et de faire quelque chose que j’aime.

Ne pas lâcher, on le répète souvent, mais c’est vraiment la clé de la réussite.


Écrit par un·e élève de la classe de Seconde C (Adama, Anfal, Ephrem, Fatou, Fatoumata, Islem, Joris, Kadiatou, Karamoko, Mohamed, Nelly, Océane, Olivia, Ridzo, Sidi-Mohammed, Sofiane, Yamina, Yousra, Zoé) pendant les ateliers du 23 novembre, 30 novembre et 7 décembre 2020, à partir du thème : « À nous deux maintenant ! »

Ma vie et moi

Trois mois plus tôt, j’habitais dans une maison de trois étages que mon père avait offerte à ma mère avant sa mort. On avait un chien qui s’appelait Chuck, il est mort dans l’incendie.

Hier, un incendie s’est déclenché chez moi pour la deuxième fois depuis cinq ans. Ma famille et moi avons dû partir pour la deuxième fois. J’ai encore dû changer d’école, de ville et d’amis. J’ai encore dû revenir à zéro et tout recommencer.

Cinq ans plus tard, je suis en seconde dans un lycée professionnel en mécanique auto. Je suis heureuse et épanouie dans ma nouvelle école. À vous d’imaginer la suite…


Écrit par un·e élève de la classe de Seconde C (Adama, Anfal, Ephrem, Fatou, Fatoumata, Islem, Joris, Kadiatou, Karamoko, Mohamed, Nelly, Océane, Olivia, Ridzo, Sidi-Mohammed, Sofiane, Yamina, Yousra, Zoé) pendant les ateliers du 23 novembre, 30 novembre et 7 décembre 2020, à partir du thème : « À nous deux maintenant ! »

Le voyage imaginaire de Las Vegas

« À nous deux maintenant », me dis-je dans la tête en voyant la ville, la nuit, dans un grand avion avec trois cents personnes. Je regardais par la vitre et je voyais Las Vegas allumé le soir, avec la Tour Eiffel brillant, couleur or. Une fois descendue, je pris un taxi pour aller à l’hôtel cinq étoiles. Je pris pour quinze jours et quatorze nuits.

Le lendemain, j’allai au casino vers 18 heures, pour essayer. J’ai gagné au bout du deuxième tour et après, vers 21 heures, je suis allée réclamer mes prix (vingt-cinq mille dollars) pour trois mille cinq cent soixante-deux jetons. Après, je suis allée à l’hôtel.

Demain, je partirai pour m’acheter des bijoux, une voiture et des vêtements. Avant, à Paris, je ne pouvais pas avoir tout ce que je voulais. Depuis que je suis partie à Las Vegas, je peux m’acheter tout ce que je veux grâce aux jeux d’argent.

Dans trente ans, il y aura des villes flottantes et des voitures volantes, et de l’argent en spectre. Les villes seront bleu et blanc. La Tour Eiffel ne sera plus en or. Le soir, elle sera en bleu brillant, un bleu foncé aussi brillant, et du blanc. Quelques villes seront volantes, mais pas la Tour Eiffel.


Écrit par un·e élève de la classe de Seconde C (Adama, Anfal, Ephrem, Fatou, Fatoumata, Islem, Joris, Kadiatou, Karamoko, Mohamed, Nelly, Océane, Olivia, Ridzo, Sidi-Mohammed, Sofiane, Yamina, Yousra, Zoé) pendant les ateliers du 23 novembre, 30 novembre et 7 décembre 2020, à partir du thème : « À nous deux maintenant ! »

Le but de ma vie

Je m’appelle Tanguy Kouassé. Jeune joueur formé au Paris-Saint-Germain de treize ans jusqu’à dix-sept ans, puis je signe au Bayern de Munich pour un contrat de trois ans. Aujourd’hui, je n’ai pas été sélectionné pour jouer la Ligue des Champions, car je sors d’une blessure vraiment éprouvante, qui a duré un mois et demi. Samedi, je vais réintégrer le terrain pour la première fois depuis des mois. Cinq minutes avant le coup d’envoi, je me dis avec beaucoup d’émotion « À nous deux maintenant », même si le cœur est rempli de stress, d’excitation, de rage. À la soixantième minute, mon coéquipier me fait une passe en profondeur. Au moment de tirer, tout s’arrête dans ma tête. Je repense à mes ligaments croisés, quand je ne pouvais plus bouger mon pied. Ma famille était présente durant cette période, et je me souviens de ma mère qui m’avait dit : « Mon fils, tout ce que tu feras dans la vie, je serai avec toi. » Et juste pour cette phrase, je me dois de marquer un but, pour ma mère et mes proches. Et donc là, je tire…

Dix ans plus tard, je suis nominé au Ballon d’or. Alors que je ne pensais jamais retourner sur le terrain après ma blessure, la détermination a payé. Aujourd’hui, je suis au FC Barcelone avec des légendes comme Lionel Messi. Je dois mon football d’aujourd’hui à ma blessure qui a changé ma vie. Le tapis rouge est devant moi, les flashes crépitent dans une salle énorme. Je suis entouré des meilleurs joueurs de l’année, comme Mbappé, Ansu Fati et Sancho.


Écrit par un·e élève de la classe de Seconde C (Adama, Anfal, Ephrem, Fatou, Fatoumata, Islem, Joris, Kadiatou, Karamoko, Mohamed, Nelly, Océane, Olivia, Ridzo, Sidi-Mohammed, Sofiane, Yamina, Yousra, Zoé) pendant les ateliers du 23 novembre, 30 novembre et 7 décembre 2020, à partir du thème : « À nous deux maintenant ! »

L’escale de ma vie

Tous les matins, je me lève de bonne humeur en me disant que je vais apprendre le métier que je voudrais faire plus tard : agent d’escale dans un aéroport. C’est cela qui me motive. C’est ce que j’aime. Puis, je reviens à la réalité… où je me dis tous les matins : « À nous deux maintenant ! » quand je rentre au lycée, car je sais qu’une longue journée m’attend, et que je ne vais pas aimer ce que je vais faire, donc ça me démotive de jour en jour.

Cinq ans plus tard… Je me lève pour aller à l’aéroport faire le boulot que je voulais tant faire, étant petite. Ce que j’aime dans ce travail, c’est qu’on voit des personnes différentes chaque jour, des personnes qui ont le sourire de voyager, qui sont contentes. Et je rentre chez moi heureuse, chaque jour que je passe dans ce travail, heureuse de rencontrer de nouvelles personnes le lendemain.

Aujourd’hui, j’ai enregistré le billet d’avion d’une femme très souriante, qui allait aux États-Unis pour un mois, mais n’avait pas de valise. Elle avait seulement un sac à main. J’étais très curieuse à l’idée de savoir où elle allait, puis je me suis mise à sa place : je trouvais ça un peu déplacé de ma part de lui demander, donc je lui ai souhaité un bon voyage, en ne sachant jamais ce que cette femme faisait.

J’aime voyager, découvrir le monde, les langues, la nourriture, etc. Si je n’étais pas à l’école, je serais en train de voyager dans un pays très lointain, aux Maldives.


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Une descente aux enfers dans un coin de paradis

Il veut refaire sa vie car il veut oublier son passé.

Il a eu des problèmes avec sa femme.

Elle l’a trahi.

Elle l’a trompé.

Il a été choqué, il a pris ses affaires, puis il est parti de leur maison avec beaucoup de tristesse et de colère. Pour refaire sa vie, il part loin de leur maison commune. Il recherche une maison au bord de la mer, car il veut se réveiller en voyant le paysage et la mer, et oublier son passé pour passer à autre chose.

Dix ans plus tard. Il regarde la mer et le ciel avec sa femme et ses enfants, puis il regarde sa femme avec le sourire. Ils attendent un troisième enfant et vivent heureux.


Écrit par un·e élève de la classe de Seconde C (Adama, Anfal, Ephrem, Fatou, Fatoumata, Islem, Joris, Kadiatou, Karamoko, Mohamed, Nelly, Océane, Olivia, Ridzo, Sidi-Mohammed, Sofiane, Yamina, Yousra, Zoé) pendant les ateliers du 23 novembre, 30 novembre et 7 décembre 2020, à partir du thème : « À nous deux maintenant ! »

À mille à l’heure

Mon cœur bat à mille à l’heure. Je suis deuxième de la liste de la compétition de saut en hauteur. J’ai une boule au ventre. Je vais pas vous mentir : mon adversaire s’en sort pas mal. C’est vraiment serré. J’ai envie de tout lâcher. Dans le coin de ma tête, je me dis « À nous deux maintenant ! » Il est temps de le faire pour « nous », pour moi. À ce moment précis, je pense à mon honneur et à ma réussite.


Écrit par un·e élève de la classe de Seconde C (Adama, Anfal, Ephrem, Fatou, Fatoumata, Islem, Joris, Kadiatou, Karamoko, Mohamed, Nelly, Océane, Olivia, Ridzo, Sidi-Mohammed, Sofiane, Yamina, Yousra, Zoé) pendant les ateliers du 23 novembre, 30 novembre et 7 décembre 2020, à partir du thème : « À nous deux maintenant ! »

C’était chez moi

Grandir près de la plage a beaucoup d’avantages. L’été, tout le monde allait à la plage. J’allais aussi à la plage, mais j’ai découvert une chose. Un jour, je suis allé dans un endroit un peu loin, et je suis revenu au coucher du soleil. Je devais être à la maison à une heure exacte que mes parents m’avaient dite, car ils étaient très stricts. Ce jour-là, ils s’inquiètent beaucoup parce que je n’arrivais pas à l’heure. Ce que j’ai découvert, c’est le coucher du soleil. Je me souviens de la première fois que j’ai vu ces couleurs, ces nuages différents de ceux qu’on voit normalement. La mer était très calme, il y avait un petit vent et l’odeur du printemps. Cette sensation de liberté en écoutant les oiseaux écoutant la mer, les odeurs pouvaient aussi être des sentiments, on se sent libre, sachant que cet endroit vous fait vous sentir bien, vous détendre, et surtout apprécier la beauté de la nature.

L’histoire ne s’arrête pas ici, mais il n’y a pas le temps de tout écrire. Maintenant, vous vous demandez pourquoi je n’ai pas de photo de cet endroit exact. C’est parce que c’était chez moi, que je n’ai pas ressenti le besoin de prendre une photo, parce que j’allais là-bas pour tout laisser derrière moi, et être avec moi-même.

Oussama

Texte écrit entre les 18 et 25 novembre (pendant les deux premières séances de l’atelier) avec la classe UPE2A.

Ces trois jours

Dans une semaine, les vendeurs. Ils ont écrit qu’une tournée commencerait dans cinq jours. Et cela durera trois jours. Nous nous sommes préparés parce que, pour nous, c’est quelque chose d’intéressant, quelque chose de nouveau. Après une semaine, nous étions prêts à partir.

Quand je suis arrivé au lieu de rendez-vous, j’ai vu des mecs, ils étaient plus âgés et ils savaient mieux ce qui allait se passer. Là où la réunion a eu lieu, c’était très bien, car il n’y avait pas de routes et personne pour vous dire de ne pas y aller, etc. Pendant que les parents, ils s’amusaient, nous étions en compétition.

Il n’y avait jamais rien près de ma maison. J’étais solitaire. C’est juste que je n’avais pas d’amis, mais j’avais une moto. Quand j’ai commencé les répétitions, cela ne pouvait pas être sans quelque chose de mauvais. J’avais des ecchymoses et, même maintenant, quand je les regarde, je me souviens de ces trois jours.

Evelin

Texte écrit entre les 18 et 25 novembre (pendant les deux premières séances de l’atelier) avec la classe UPE2A.

Je cours

Je cours, parce que tous les jours je reste dans le foyer. J’ai besoin de sortir parce que, quand je reste dans le foyer, il y a des jeunes là-bas, ils parlent l’autre langue, et moi je n’ai pas compris ce langage. Moi, toujours je reste dans ma chambre. Parfois je descends pour jouer à la play. Parfois je sors pour faire de l’entraînement. Je cours trente minutes. Après, je retourne dans le foyer, je me lave. Après, je mange. Après, je révise mes leçons.

Pape

Texte écrit entre les 18 et 25 novembre (pendant les deux premières séances de l’atelier) avec la classe UPE2A.