Le ciel change

J’ai choisi le ciel parce que je l’aime. J’adore cette chose colorée. La couleur claire me donne une énergie positive.

J’aime plus le ciel quand je le vois dans des couleurs mélangées, car sa couleur naturelle est le bleu, mais avec du jaune, du rouge et du rose, je pense que cela rendra la rue et le spectacle magnifiques.

Mais la situation est différente avec moi en hiver, car en hiver le ciel est sombre, le ciel est trouble comme le gris et le blanc brumeux, et très peu de noir.

Et mon sentiment me rend inactive, me met dans une humeur sombre, ou quelque chose comme ça.

Rana

Texte écrit entre les 18 et 25 novembre (pendant les deux premières séances de l’atelier) avec la classe UPE2A.

Je sors de chez moi

La pente

Je descends la pente
Sous la pluie et le froid
Le feu !
Un monument aux morts de la guerre
Métro Père-Lachaise
Les bruits, les bousculades
Dévalant les escaliers tel un automate
Ignorant les pubs des murs du métro
La musique aux oreilles
Je défile dans la rue avec détermination
Je monte la pente

Simple voyage

Je sors de chez moi
Je prends l’ascenseur
J’arrive devant le
Miroir et
Je m’aperçois
En jogging et sweat-shirt
Et je vais jeter des
Déchets

La solitude

La cour
Je suis seul
Il fait très très froid
Je marche pour prendre le tramway
Des gouttes de pluie qui coulent de partout
D’autres étudiants attendent le tramway
Pendant mon trajet je suis calme
Je valide mon Navigo je descends les escaliers
Des amis, anciens amis, étudiants provenant d’autres lycées
Partant vers Levallois ou vers Gallieni
Pendant mon trajet je m’ennuie
Je monte les escaliers
Je descends les escaliers j’attends mon métro
Je monte dans le métro
Je passe Réaumur-Sébastopol et arrive à Alexandre-Dumas
Même des fois, je suis en avance
Je marche, la montée pour venir au lycée
La route
J’arrive à mon lycée

La tronche du matin

Moi
Traversant cette rue, ma rue
Rejoignant le métro
Sous ce ciel gris
Sous ce ciel maussade, fade
Je dénoue mes écouteurs
Comme chaque matin de cours
Dans mes écouteurs ma playlist du matin
Ma playlist chill
Tout droit le métro
La ligne 13 qui m’attend
Cette ligne bourrée de monde
Ma carte de transport à la main
Puis dévalant machinalement les escaliers
Je me la joue mannequin le temps d’un instant
Le métro arrive

Moi
Tirant la tronche du matin
M’emmitouflant dans mon pull
Je surfe sur les réseaux sociaux
Et j’arrive

En respirant

Je me réveille en respirant, puis je sors en expirant
je me dirige vers la ligne 2, mais j’ai un petit creux
donc je mange du chocolat et j’attends Alexandre-Dumas

Rue Olivier-Métra

Rue Olivier-Métra
Froid le matin
Temps pluvieux
J’attends au feu
Je suis attentive au bus qui arrive à une heure précise
Je suis fatiguée mais la musique me fait tenir debout
Quelquefois je concentre ma vision sur les lumières des magasins

C’est devenu une habitude

C’est devenu une habitude
Je prolonge la petite rue jusqu’au feu rouge
Je prolonge le chemin de la petite forêt
À ma gauche le nouveau bâtiment est en construction
À ma droite toutes sortes d’arbres, de cerisiers, de chênes
Une fois sortie de la petite forêt
Je prolonge encore le chemin jusqu’à l’escalier
Là on peut voir le métro
Précipitée de prendre le métro
Je reste debout qu’à la station Alexandre-Dumas
Je prolonge la longue rue jusqu’au passage piéton
Au loin on peut déjà voir le lycée
Je marche tout droit, puis enfin
Arrivée au lycée
Soulagée et essoufflée

I’m a libra

Je sors de chez moi
J’ai la flemme
Mes écouteurs dans mes oreilles pour ne pas entendre les gens
J’arrive au lycée
Je vois des personnes
que j’aime pas

Déjà que j’ai la flemme d’aller à l’école
En plus il fait noir
Quand je sors

Je vois

Quand je sors de chez moi
J’observe le sol
Je vois les arbres qui perdent leurs feuilles
Les feu tricolores
Les bouchons les embouteillages
Les gens qui se bousculent
Ceux qui courent comme moi chaque matin pour avoir le bus
Ceux qui sont pressés pour le travail
Les gens qui font sortir les chiens pour les promener
La montée de la pente avant d’arriver dans mon lycée
Très fatigant
Les élèves qui attendent l’ouverture de la porte

De la lenteur à la vitesse !

Je sors de chez moi j’ai froid
Un arrêt de bus et un tabac
Dans le bus l’ambiance est calme
Je prends le métro j’ai chaud
Alexandre-Dumas
Il me reste toujours deux ou trois minutes
La porte va se fermer !
C’est le marathon !
Arriver au lycée
Très essoufflé

Carefree

La porte se claque
Clic, le téléphone s’allume
Ma clope s’anime
Vibration sonore ou oreilles bouchées par mes écouteurs
Et là je suis toujours là
Play — Game Over
Cerveau s’éteint
Un pas, un pied devant le précédent
Jusqu’au lycée du président

Poèmes d’Emeline, Firasse, Grâce, Imene, Maëva, Myriam, Nassim, Orphé, Paul, Sarah, Sunjay écrits les mardis 29 septembre et 13 octobre 2020.

Une rencontre (fragments)

Je vois une très jolie fille dans son coin, qui ne veut pas parler avec les gens, donc je décide d’aller la voir sans la brusquer, en lui demandant comment elle s’appelle. Elle est timide, mais a une autre personnalité quand on lui parle.


« Ça va ?
— …
— À ce que je vois, t’aimes bien les chaussettes colorées.
— …
— Et tu t’énerves pas.
— …
— On dirait que tu n’aimes pas les hommes, parce que tu regardes mal tous les hommes de cette salle.
— …
— Toi, ça se voit que tu n’en fais qu’à ta tête. »


C’est l’histoire de Mohamed, qui jouait à GTA en ligne et qui était en équipe avec Cécile93. Un jour, Mohamed lui demande : « Ça fait combien de temps que tu joues sur PC ? » Cette dernière, en le draguant, lui dit que c’est devenu plus amusant depuis leur rencontre, et elle lui propose de faire une partie ensemble, chez elle. Et ce qui s’est passé s’est passé.


« À la mort de M. Koro, j’ai pleuré toutes les larmes de mon corps.
— De fou ! Même moi. Mais la mort la plus triste, choquante, charismatique et inattendue, c’est la mort de Barbe Blanche.
— On pourrait en parler deux heures. »


Je mange tout le temps dehors, jamais chez moi. Il m’arrive d’avoir souvent mal au ventre à cause de ça, mais un jour je suis allé dans un fast-food pas comme les autres, qui propose de manger un grec gratuit. Mais dans la vie, rien n’est gratuit. Il m’a proposé de porter une montre technologique pendant que je mangeais. Pour moi, rien de banal. J’ai accepté. Après avoir fini de manger, je lui ai rendu sa montre, sauf que tout ce que je pensais s’est réalisé après avoir porté cette montre. Ma vie est devenue vachement bizarre. À chaque fois que je voulais quelque chose, ça se réalisait, sauf l’envie que tout mes professeurs démissionnent. J’allais au lycée en trottinette électrique. J’ai trouvé ça bizarre. Je suis retourné au restaurant. Mais, quand je m’apprêtais à entrer, il était fermé, et il y avait une lettre. Dans cette lettre était écrit que, après avoir lu cette lettre, il y aurait pour toujours des esprits dans mon sommeil. Morale de l’histoire : n’acceptez jamais rien de gratuit.


« Bien ou quoi ? T’habites dans le coin ou quoi ?
— Ouais j’habite à côté. Et toi ?
— Moi, j’habite loin. »


« Je prends le métro à Porte-de-Montreuil.
— Quand tu es dans le métro, tu croises tes copains ?
— Oui, très souvent. Ça dépend où je finis et où on se croise. »


D’abord, elle fait son petit déjeuner. Elle a des chats et un chien chez elle. Elle aime surtout jouer avec ses animaux, mais le défaut de Jeannette c’est qu’elle laisse toujours ses animaux dans son canapé et ils défèquent là-dedans et donnent une mauvaise odeur à sa maison. Enfin, Mlle Jeanette est toujours sociable et aimable.


« Je le prends à Stalingrad et je descends à Alexandre-Dumas.
— Ah bon, comme moi. Mais avant Stalingrad, je prends la ligne 5. Après être sorti à Alexandre-Dumas, tu remontes la pente ?
— Oui. Comment tu sais ?
— Bah, je t’ai déjà vu dans mon lycée. »


J’aime beaucoup les bébés, car je trouve ça très mignon et trop chou. J’adore leur petite main et leur sourire, quand ils sourient.


« Je t’ai pas raconté ! J’ai vu mon artiste préféré : Dadju. Je l’ai vu avec Franglish et Imen Es. On a fait une photo ensemble, ils étaient grave souriants et gentils, et j’ai eu une dédicace. »


« J’ai grave une anecdote à te raconter.
— J’t’écoute !
— Je partais en Amérique du Sud et je me suis…
— … Arrête de mentir !
— J’ai pas fini… Je me suis battu avec mon frère et, tout à coup, une espèce de lézard, mi-dragon mi-crocodile… (en faisant la scène) On a couru jusqu’au dernier souffle. Puis on se retourne, et plus rien.
— On y croit.
— Je te jure.
— Bref. Mais comment t’as eu ta balafre à l’œil ?
— Ma mère m’a donné un coup de poing parce que j’ai pas rangé ma chambre.
— Ha ha ha, désolé (en cachant son sourire avec sa main). Là, je te crois. »


Elle n’aime pas se lever en se disant qu’elle doit prendre le métro un jour de pluie. Après être sortie de chez elle, elle passe toujours par la boulangerie pour prendre une petite viennoiserie, puis continue son trajet.


« Salut les filles ! Je vous présente ma nouvelle voisine. »
Nous parlâmes avec la nouvelle voisine de S., et je remarquai qu’elle avait un petit accent du Sud.


« Comment tu t’appelles ?
— T’es de quelle origine ?
— T’as quel âge ?
— T’es une meuf d’où ? »


Un matin en sortant de chez moi, j’ai vu un grand homme barbu avec un fusil à la main. J’ai eu drôlement peur, je tremblais, je n’arrivais plus à marcher. Je devais prendre le bus le plus vite possible pour ne pas être en retard à l’école. Il faisait sombre et le soleil n’était pas levé. Le grand homme devient totalement fou, il vise toutes les personnes passant par son chemin. Je pense que c’est la fin pour moi. Il me menace, je reste figé pendant quatre minutes. En un instant, je me rappelle que je suis fort et que je peux m’en sortir. Je cours super vite, sans m’arrêter, je vois le bus 64 arriver, je le prends et me sens soulagé. J’arrive cinq minutes en retard. Le lycée était déjà fermé. J’ai un sentiment de peur, encore. Imaginez qu’il arrive encore ! Où je vais me cacher ? Et si je le raconte au professeur, me croira-t-il ?


Alors j’ai rien à dire, mais il faut être patient, c’est tout.


J’aime être calme mais, quand je fais du bruit, j’en fais.

Fragments choisis par Antonin Crenn, parmi les textes d’Adama, Anfal, Bafiyon, Elimane, Ephrem, Fatou, Fatoumata, Hajar, Islem, Joris, Kadiatou, Karamoko, Mohamed, Morgane, Nelly, Océane, Olivia, Ridzo, Sofiane, Yamina et Yousra, écrits en réponse aux autoportraits de la séance précédente.

Je crois que tout le monde a écrit au moins une phrase

Petit, j’ai cru que tous les jours c’était mon anniversaire. Je me souviens toujours du jour où j’ai eu ma balafre au coin de l’œil. Je croyais que tous les soirs la lune me suivait. À chaque début de voyage, je me dis que c’est nul, puis à la fin je veux rester plus longtemps. J’ai eu trop de dégoût à la mort de l’Ermite pas net et de Portgas D. Ace.

Le soir, que j’aie froid ou non, je mets des chaussettes juste pour pouvoir les frotter à mes pieds. Je suis le genre de personne qui s’énerve intérieurement et qui pleure intérieurement. Très longtemps, j’ai eu une haine contre la gent masculine. On a beau me répéter cent fois la même chose, je n’en fais qu’à ma tête, jusqu’à regretter.

Le matin je déteste qu’on me parle, car je n’ai envie de rien faire. Je possède un manteau à 400 € (j’ai cassé la fermeture). Un pote m’a précommandé la PS5. J’ai vu un chorizo humain. Une vraie Bretonne m’a fait une crêpe.

Je préfère le Real Madrid au FC Barcelone, mais la ville de Barcelone est plus belle que la capitale. Je suis allergique à l’ananas, mais j’aime le goût. Quand je sors de chez moi, mon réflexe est de regarder la rue d’à côté.

En seconde, j’ai connu deux profs qui écoutaient de la K-Pop. J’ai l’air d’une métisse, mais je n’ai qu’une origine. Je n’ai pas envie de retourner au musée bizarre de la journée d’intégration. Cette année, j’ai rencontré un trio énervant. On me doit deux euros, mais la personne concernée prend son temps.

Je préfère la PS4 à la X-Box. Je suis déjà tombé sur un raciste et je l’ai insulté. Je prends le bus 64 tous les jours pour aller en cours. Une fois, on m’a menacé à la carabine. Je préfère le noir au blanc. Je connais quelqu’un qui est plus fort que son grand-frère au foot.

J’ai envie de visiter les États-Unis. J’ai connu des gens énervants cette année. J’ai deux jambes, mais je n’aime pas les utiliser car je préfère être posée. Je n’aime pas prendre les transports le matin, mais je n’ai pas le choix.

Je n’aime pas me lever en me disant qu’il pleut et que je dois prendre le métro. En cours, je participe si je suis de bonne humeur, mais ma seule envie c’est que la journée se termine pour rentrer et retrouver mon lit. Je me sens grande quand je marche à côté de grandes personnes, mais elles me voient petite.

À la récré, je passe la plupart de mon temps sur mon téléphone. Je vais à la bibliothèque et dans les lieux religieux. J’écris dans mon carnet. Souvent, j’ai du mal à me souvenir des gens. J’adore découvrir des endroits et sortir seule. J’aime bien me maquiller. Je n’aime pas les mauvaises nouvelles.

Quand je me lève le matin, je commence toujours par ranger ma chambre. Quand je me brosse les dents, je mouille toujours la brosse à dents avant de mettre le dentifrice.

Je peux passer la journée à regarder des animés dans ma chambre. Je préfère aller dehors que rester en intérieur. Je n’aime pas mettre des jeans. Je n’ai jamais fait de ski. Je me souviendrai toute ma vie quand j’ai fait un pari sportif et que j’ai gagné 109,07 €. Je n’aime pas le masque.

Je préfère être fatigué qu’être en forme. Je suis gaucher de la main, mais droitier du pied. Je suis calme, mais bruyant.

Je remarque que presque tout le monde est en noir. Je préfère le noir au gris. J’ai deux frères et deux sœurs. Je remarque que tout le monde a des Nike dans la classe. Je crois que tout le monde a écrit au moins une phrase.

J’ai deux téléphones. J’ai trois paires de chaussures. Je préfère des habits sans marque qu’avec marque. Je préfère marcher à pied que prendre le taxi. Je préfère le sucré au salé. J’habite dans le 15e arrondissement et je pars une heure avant, pour arriver à Charles-de-Gaulle dans le 20e arrondissement.

Je préfère prendre le bus ou le métro au lieu de marcher. Je préfère piloter mon scoot que d’écouter les cours. Je préfèrerais que certains professeurs démissionnent. Je mange tout le temps dehors, jamais chez moi.

Je n’aime pas lire parce que l’odeur des cahiers et des feuilles me fait très mal aux dents : on peut dire que je suis allergique au papier. J’ai une vie normale comme les autres, même si je ne suis pas normale. Je pense que les autres non plus n’aiment pas se lever tôt, et préfèrent faire la grasse matinée. Je préfère encore le bruit de la fourchette sur une assiette.

J’aime mieux regarder des documentaires que regarder des films, ça m’endort. J’aime bien la Martinique, surtout la plage et les beaux paysages en bord de mer, mais le problème c’est les moustiques, surtout que je fais une grosse allergie. Je préfère rigoler à des blagues que ne pas sourire.

J’aime lire des webtoons seule dans le noir dans ma chambre. À chaque fois que je mets le masque plus d’une heure, j’ai mal aux oreilles. J’ai toujours l’impression d’être suivie ou observée quand je marche avec mes écouteurs. Quand je réfléchis, je prends des lunettes pour imiter les personnages d’animés avec des lunettes. Ma mère me fait souvent des tisanes, mais comme elles ne sont pas bonnes je les mets dans le lavabo de la salle de bains.

Je n’aime pas parler, et encore moins parler de moi. Pourquoi est-il si important de parler de soi ? Apprendre à se connaître ? Pour quoi faire ? car, au final, on ne connaît jamais réellement une personne.

J’ai sept à huit stations de métro pour venir au lycée. Je préfère la musculation au tennis. Je suis joueur professionnel sur Fortnite. J’ai seize ans. Je préfère boire de la Redbull que du Coca-Cola. J’ai été en Allemagne, en Belgique et en Espagne.

Je suis myope. Je suis Mauritanienne. Je suis noire. Je me lève à 6 heures. J’ai quinze ans. J’ai des Skechers. J’habite à Ourcq. J’ai des sœurs. J’ai des frères. J’ai des parents. Je n’ai pas envie d’être déléguée. Je n’ai jamais mangé de sushis.

J’ai un bébé chien qui fait pipi partout à la maison. Je suis têtue. J’aimerais aller au Sénégal. Je mets mon sac sur une seule épaule. J’aime faire les courses et le shopping. Je déteste les gens qui ronflent. J’ai de la sympathie pour les SDF. J’aime les reportages. Je préfère le pop corn sucré, mais il m’arrive d’en prendre du salé. Quand je sors de chez moi, j’ai la grande tour de Montparnasse en face. Je n’aime pas l’hiver.

Fragments des autoportraits de la classe de Seconde C (séances du lundi 28 septembre et jeudi 1er octobre) par Adama, Anfal, Bafiyon, Elimane, Ephrem, Fatou, Fatoumata, Hajar, Islem, Joris, Kadiatou, Karamoko, Mohamed, Morgane, Océane, Olivia, Ridzo, Sidi-Mohammed, Sofiane, Yamina, Yousra, Zoé, après la lecture d’extraits de l’Autoportrait d’Édouard Levé.

À travers la fenêtre j’ai vu un insecte passer

L’année dernière, on a écrit sur la vie d’étudiante au lycée. […] Moi, j’aimerais qu’on parle de la communication entre les enfants et les grands (famille ou proches) parce que, pour moi, je pense que souvent on nous impose de faire certaines choses qu’on n’a pas forcément envie de faire, mais on n’arrive pas à l’exprimer, vu que la communication et la patience n’y sont pas vraiment. […] Aujourd’hui je suis allée en cours juste pour une heure, je suis revenue l’après-midi pour la cantine. Ensuite, je suis allée au CDI pour faire la journaliste. En ce moment, je suis en A.P. et c’est fort sympathique. Je suis très heureuse, car j’ai retrouvé mon acolyte de classe que je vois désormais une fois par semaine. […] Je lis des livres d’Harry Potter, des livres fantastiques. Je lis des mangas. J’ai aidé à ranger le CDI. J’écris des histoires. […] Je veux que quelqu’un change de classe, mais elle ne peut pas. J’aimerais bien écrire un truc basé sur l’honneur. C’est bientôt mon anniversaire. Il y a plusieurs trucs qui m’énervent : le masque ; commencer à 8 heures ; ne pas pouvoir aller à un concert à cause du covid. […] Le lycée : je veux changer de classe ; les retards fréquents de la prof de français. Les sujets qui m’intéressent : la désinformation des médias et ses conséquences sur la population. En deuxième position, la psychologie et la manière de penser des enfants de l’ASE. En troisième position, le satanisme et les sectes. En quatrième position, les traditions (fêtes, tenues traditionnelles, plats, architecture…) de chaque région de certains pays. En cinquième position, je propose un tuto : comment faire un road-trip. En sixième position, les injustices faites à l’ASE aux jeunes. […] Je peux pas m’exprimer à l’écrit quand je suis énervée. […] Je sors du lycée et je croise mon ami à moi, il me dit : Ça va ? Je réponds oui, tu vas au foot aujourd’hui ? Il me dit oui, j’ai entraînement à 19h30. […] Aujourd’hui, pendant le dernier cours, à travers la fenêtre j’ai vu un insecte passer et aussi un pigeon.

Journal du mardi 22 septembre (première séance d’atelier) par Aimal, Emeline, Grâce, Imene, Maëva, Myriam, Paul, Sarah, Sunjay (dans le désordre).

Ça peut devenir quelque chose

Il est exactement 7 heures et mon réveil vient de sonner. Je commence à 8 h 30, mais je n’ai pas envie d’aller en cours. […] Je suis venue au lycée, mais je voulais pas venir. Vu que je suis obligée, je suis venue. […] Les cours me mettent KO à cause des horaires, surtout que j’habite pas à côté, donc il faut que je me réveille tôt. Et comme si ça ne suffisait pas, le mardi il y a tenue pro, et je ne suis pas à l’aise habillée en chemise et tout. J’ai juste envie de dormir, mais ce n’est que le début donc je ne me plains pas. […] J’ai trouvé que la salle était plus grande que la précédente. […] J’aime beaucoup regarder la vue, et j’aime bien lire des mangas. J’ai une très grande passion pour les animaux. […] J’ai envie que Dragon Ball Super reprenne en animé. Et j’ai envie de dormir. […] Je pense à mon match de dimanche dernier, notre défaite qu’on a eue à domicile. […] Ce lundi 14 septembre à 11 h 30, j’ai eu Résidence artistique, avec un écrivain. J’ai su ce que c’était, être écrivain. Je lui ai posé des questions. Il nous a posé des questions aussi : si on lisait ou écrivait. Je lui ai dit oui. […] Comment éditer un livre ? J’aimerais écrire un livre fantastique. Ou écrire un scénario pour un film. Faut que je te dise : le lycée CDG, c’est des vrais menteurs, à la rentrée ils nous ont dit qu’on allait avoir des tablettes, ça fait plus de deux semaines, alors que le lycée Bergson ils ont tous eu des PC portables. […] J’ai oublié mon argent pour manger dehors, j’ai très faim et je dois appeler ma mère pour lui dire que j’aurai pas le temps de manger chez moi. J’aime pas lire, je trouve ça ennuyeux. Perso, pour moi. Sinon, j’aime les actualités (vidéos). […] J’ai travaillé à l’école de 8 h 30 à 16 h 30. J’ai mal à la gorge et j’ai sommeil. Pourquoi allons-nous à l’école ? Pourquoi en 2020 y a-t-il du racisme ? À quoi sert la philosophie ? Pourquoi les jeunes sont-ils accros aux réseaux sociaux ? Pourquoi y a-t-il des bavures policières ? […] J’ai oublié mon téléphone et je me sens pas très bien, comme quelque chose qui manque. […] Comment ça va ? – Je vais bien. – T’as fait quoi ? – Rien. – Hier, c’était comment ? – Dans ma cité, y avait la police de partout, ils ont fait une descente. – Ah ouais ? – Ouais, on est tous partis, sinon on allait se faire embarquer. […] Ça peut devenir quelque chose, et tous les sujets sont disponibles. Et j’ai une question : l’amitié peut tenir combien de temps ? […] Chuis malade, j’ai le nez bouché, j’ai mal à la gorge, à la tête et chuis un peu fatiguée (ce n’est pas le corona, j’ai juste une angine) et votre cours m’intéresse. […] Depuis 2021, il y a une grosse épidémie qui transforme plein de personnes en « démons ». Depuis, il y a un service qui s’est installé, car les militaires n’ont rien pu faire face au démon, car il résiste aux balles. Il se régénère à chaque fois. Donc une brigade s’est installée, qui se nomme… […] Je suis élève de seconde dans le lycée Charles-de-Gaulle. Aujourd’hui, je n’ai rien fait, je m’ennuyais. […] Je me sens heureux.

Journal du lundi 14 septembre (première séance d’atelier) par Adama, Bafiyon, Fatou, Fatoumata, Islem, Joris, Kadiatou, Karamoko, Mohamed, Morgane, Nithusan, Océane, Olivia, Ranjit, Ridzo, Sofiane, Yamina et Yousra (dans le désordre).

Ce sera un chantier ouvert

Une année complète au lycée Charles-de-Gaulle : voilà, ça commence. J’ai fait ma rentrée (j’en parle un peu sur mon blog personnel) en même temps que les Seconde. Je n’ai pas encore rencontré les élèves des autres classes. J’ai hâte. Hâte de voir leurs visages – du moins, ce que je pourrai voir de leurs visages, derrière le masque : des yeux qui pétilleront, je l’espère. Les miens pétillent sûrement. Je l’espère aussi. Car j’espère que mon enthousiasme sera visible ; que je saurai le leur montrer, et le partager avec eux. Car je suis content d’être ici pour cette résidence qui commence.

Une année complète au lycée Charles-de-Gaulle : c’est un petit établissement, alors j’aurai la chance de rencontrer tout le monde. Je verrai certaines classes une seule fois ; avec d’autres, je travaillerai plus longtemps. On fera connaissance. On s’exprimera. On écrira des trucs. On les publiera ici. Pour moi, c’est important de partager régulièrement les mots qui sortiront de ces ateliers. Voilà l’enjeu de ce site : montrer le plus souvent possible les choses qui se passeront dans les ateliers d’écriture. Ce sera un chantier ouvert, une zone de travaux où les lecteurs et les lectrices seront les bienvenus. « Bienvenue chez nous, lisez-nous ! » Un journal. Un feuilleton. Tout ce qu’on voudra. On verra bien.