Bonjour. Adieu.

De l’autre côté, il y a une fille qui habite seule. J’ai déjà entendu sa voix, mais jamais vu son visage, car le rideau de sa chambre la cache.

Tous les jours, je mettais un réveil car, à l’heure où je mettais mon visage à la fenêtre, je voyais son ombre. Ses cheveux étaient en carré. Grande taille. Un jour, je suis sorti acheter du pain et j’ai aperçu une fille à la coupe carrée, grande de taille, qui elle aussi se dirigeait vers la boulangerie. J’ai couru chez moi regarder par la fenêtre et j’ai aperçu son ombre. C’était juste une dame qui passait. Dans ma tête, je me disais que tout était fichu, je ne la verrais jamais, quitte à lâcher l’affaire avec cette fille, ce n’est pas grave.

Elle est chez elle toute la journée. Je n’ai jamais entendu de voix d’homme. Tous les weekends, il y a des voix d’enfants chez elle. Peut-être que je me fais des films, voire que je suis parano, mais je suis persuadé qu’il y en a. Beaucoup de questions trottent dans ma tête, je me demande si ce sont des enfants qu’elle garde ou ses propres enfants.

Grâce à son physique, je me suis imaginé son prénom. Elle se nomme Rose. Rose est grande de taille, des cheveux courts, mate de peau. J’ai aussi imaginé son caractère. Bon, elle n’a pas la joie de vivre, mais ce n’est pas ce qui m’intéresse.

Ce soir, je me suis mis sur mon trente-et-un. J’ai sorti mon costard, tout stressé. Devant mon miroir, j’ai répété sans cesse ce que j’allais lui dire. J’entre dans son bâtiment. Dans l’ascenseur mes jambes tremblotent. Je suis sur son pallier, devant son appartement. Je sonne, tout stressé. Elle ouvre la porte.

Je parle en bégayant. Même pas fini de lui dire ce que j’avais à lui dire, et elle me ferme la porte au nez sans réfléchir. Je pars, mi triste, mi énervé. Après tant d’efforts, c’est ce qui m’arrive… J’ai décidé de prendre mes affaires et de partir de chez moi.

Elimane


Texte écrit pendant les ateliers des 4, 11 et 18 janvier 2021 avec la classe de Seconde C, sur le thème « de l’autre côté », après lecture du début du Passe-muraille de Marcel Aymé et d’un extrait du Grand Meaulnes d’Alain-Fournier.

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