La cave mystérieuse

Je suis allée dans la cave de l’école pour explorer un peu ce que cette cave cachait. Nous étions quatre personnes à descendre dans cette sombre et effrayante cave, mais il était interdit d’y pénétrer. Il y avait des jours où la porte de cette cave était ouverte. Quand on avait terminé de manger, on sortait de la cantine par une porte qui nous emmenait directement à la cour, mais sur notre droite il y avait une porte de la cave. Si on continuait tout droit, il y avait les escaliers qui nous menaient jusqu’à la cour, donc on a choisi de se faufiler dans la cave.

Quand je me suis faufilée dans la cave, je me suis pris un coup de table. Ça m’a fait très mal, car dans l’entrée de la cave, sur les deux côtés, il y avait des tables qui étaient empilées les unes sur les autres. Nous avons apporté des lampes, car dans la cave il faisait sombre. On a allumé les lampes, puis on a avancé tout doucement et on est arrivées dans un long couloir qui était sombre aussi. En face de nous, il y avait un mur. Il y avait quelques mots inscrits dessus. Il y avait écrit : « Bienvenue dans le monde magique. » Après avoir lu, on a repéré deux chemins sur la gauche. C’était un long couloir sombre, très sombre. De l’autre côté, à droite, tout au bout, on pouvait apercevoir de la lumière. Toutes ensemble, on a décidé d’aller vers le chemin de droite. On a traversé le long couloir du côté droit. Soudain, on a aperçu une porte mystérieuse. Il y avait un cadenas au niveau de la serrure. Soudain, la porte se mit à claquer comme si quelque chose allait sortir, mais il faisait trop sombre dans la porte, je ne voyais rien. Une fois arrivées dans la lumière, on voyait des jouets et il y avait des escaliers qui menaient jusqu’à la maternelle, mais il n’y avait rien d’intéressant là. On est revenues où les deux chemins se séparaient : on avait enfin décidé d’aller dans le couloir sombre, sans aucune lumière. On s’enfonçait de plus en plus, et les murs sont devenus beaucoup plus étroits, puis on a enfin atteint une salle où il y avait plein de vieilles choses. De vieilles chaussures qui dataient de 1950, une vieille roue d’une bicyclette, des vieux vêtements, etc.

Soudain, l’une d’entre nous a vu quelque chose dans l’ombre. Elle a commencé à courir vers la porte de la cave. Tout le monde l’a suivie, sauf moi. Je suis restée. Mais, pour explorer, il n’y avait plus personne. Peut-être que je reviendrai un jour explorer cette cave mystérieuse.

Emeline

Mon aventure

Moi et mes potes et mon grand-frère allions au centre de loisirs toutes les vacances ou les grandes vacances ; nous aimons bien aller dans la cour après le centre de loisirs, en disant comme excuse que nous allions aux toilettes, et pour info, à ce moment-là, j’étais en primaire, enfin au collège, bref, je sais pas trop en quelle classe j’étais, mais j’étais petit. Un jour, c’était en hiver, donc forcément il faisait nuit à 18 heures, nous allions aux toilettes, mais ce jour-là quelque chose d’étrange se passa : la porte qui mène à la cantine était ouverte et mon grand-frère, surpris, nous a demandé d’entrer, et je savais que c’était une mauvaise idée, mais tous mes potes étaient d’accord et ils m’ont forcé, alors, du coup, j’ai dit oui…

Nous sommes entrés et nous avons descendu les escaliers pour entrer dans la cantine, tout était normal, mais mon pote nous a dit qu’il avait vu une ombre, il a même juré que c’était vrai, puis nous avons marché à l’avant, jusqu’à la salle où ils nettoient les plateaux, les assiettes et les couvercles ; nous ne pouvions pas entrer, car la porte était en métal, il y avait une vitre en forme de rond, et un de mes potes à regardé par ce trou, et l’autre pote par l’autre trou, et là…

Un gros boum sur la porte métallique, et la poignée de la porte qui essaie de s’ouvrir, et une voix douce qui dit « Sortez ! » dans les oreilles de mon pote ; nous avons couru et, là, une chaise au coin est tombé toute seule. Nous avons couru plus vite, mais un pote est tombé, je l’ai relevé et nous avons couru, encore, et fermé derrière nous la porte qui mène à la cantine. Et à ce moment-là, nous avons vu une silhouette blanche se former sur la vitre de la porte ; nous avons eu la peur de notre vie et nous avons couru à nouveau, de peur ; et le vent a commencé à frapper fort à ce moment, les arbres qui bougeaient partout, on aurait dit que le vent était venu pour nous ralentir, nous étions tout lents ; même moi, le plus rapide, j’étais super lent ; puis le vent a fermé les portes, nous avons essayé de toutes les ouvrir et, par bonheur, une porte s’est ouverte, alors nous sommes rentrés et nous avons tout dit aux animateurs. Ils sont venus vérifier et tout était normal : même la porte était fermée ; le temps était normal, le vent avait disparu.

Le lendemain, mon pote est venu me voir et m’a dit quelque chose… Il m’a dit qu’au moment où il était tombé, il avait l’impression que quelqu’un l’avait fait tomber, et avait essayé de le tirer ; depuis ce jour, la porte ne s’est même plus ouverte, et nous avons arrêté de sortir la nuit. Depuis ce moment, je ne sais toujours pas si c’était une blague de quelqu’un, ou si le réfectoire était hanté… L’ombre sur la vitre n’avait pas disparu.

Sunjay

Choses vues

Je suis dans une sorte de potager entourée d’une clôture ; juste en face, il y a un pont et autour de moi, des immeubles ; comme je suis en hauteur, en bas il y a une route ; sur la route il y a un arrêt de bus qui s’appelle « Ramus » ; les bus qui passent à cet arrêt sont le 26 et le 64 ; juste en face du pont il y a un feu rouge et, en bas du pont, il y a un sans-abri avec un canapé, une mini table, un caddie, trois valises, un sac, une tente de la marque Quechua et enfin quelques petits accessoires.

Paul


Choses vues depuis le jardin des Oiseaux, Paris 20e, le mardi 26 janvier 2021.

Je n’aime pas les gens

C’est l’histoire d’une fille qui a toujours vécu dans la solitude et qui ne sort jamais de chez elle de toute la journée. Soit elle joue aux jeux vidéo, soit elle regarde des films d’horreur, jusqu’au jour où elle décide de sortir pour voir comment le monde est devenu (sa pensée : « Je n’aime pas les gens… Alors pourquoi je suis sortie ? »).

Elle s’encourage elle-même en parlant toute seule : « Allez, descends dans le métro ! »

Puis, elle arrive sur le quai du métro de la ligne 22. Elle voit un homme à côté d’elle : grand, brun (et moche). Elle le voit faire tomber son téléphone (dans sa tête : « Quel dommage ! »), puis elle le voit sauter dans les rails du métro pour récupérer son téléphone. Le monsieur arrive à remonter, puis elle voit le métro arriver. Elle décide de pousser le monsieur pour qu’il meure.

Après qu’elle l’a tué, elle crie : « Tu mérites pas de vivre ! Allez, salut le monde ! »

Et bien sûr, la fille, c’est moi.

Imene

Mon enfance

Pendant mon enfance je me souviens qu’un jour j’ai cassé une bouteille à ma mère et cette bouteille c’était mon médicament. C’était une bouteille de sirop précieuse et très importante aux yeux de ma mère, parce que c’était un médicament qu’on ne trouvait pas, pourtant j’étais malade et ce sirop coûtait très cher. Mon père l’a acheté en France pour le faire partir en Côte d’Ivoire et, quand le médicament est arrivé, ma mère m’a fait m’assoir pour m’expliquer à quel point je devrais faire attention, car ils avaient eu trop de mal à l’obtenir, donc je ne devrais pas sortir de la maison avec, et toujours le boire. Je lui ai dit « d’accord, j’ai compris » et un jour, je suis partie à l’école. Pendant l’après-midi, quelque chose est tombé et la maîtresse nous a demandé de partir dans la cour. Et après, nous sommes allés prendre les cars pour rentrer chez nous. Quand je suis arrivée, j’ai fait mes devoirs, j’ai mangé et je suis allée me coucher et c’était comme ça mes jours suivants… Jusqu’à ce que, un jour, je quitte l’école et je vois ma mère qui est venue me chercher en bordure de route. J’étais trop contente, je suis descendue avec ma camarade et nous avons toutes traversé la route pour continuer notre chemin quand, soudainement, ma mère a appelé ma camarade qui lui parlait. Arrivées chez moi, ma mère a dit à ma nounou d’aller accompagner ma camarade, car elle avait des choses à faire, et elles sont parties. Une heure plus tard, ma mère m’appelle et me met une grande baffe dans le dos et me dit « Tu m’as menti. » Étant perdue, je ne comprenais rien et ma tante a demandé : « Elle a fait quoi ? Et puis tu la frappes ? » Ma mère lui a dit : « Elle est partie avec sa bouteille de médicament à l’école, elle l’a cassée. Je lui ai demandé où il était, et elle m’a dit qu’elle ne savait pas, j’ai demandé à tout le monde de chercher, on trouvait pas, comme s’il avait eut des pieds pour s’enfuir, du coup je suis allée la chercher, et j’ai demandé à sa camarade et c’est elle qui m’a dit qu’elle était venue avec le médicament, et il est tombé et la bouteille s’est cassée. » J’ai compris qu’elle savait tout et je lui ai présenté mes excuses.

Grâce

Une femme qui se fait remarquer

À 17 heures dans les locaux d’Unités Migrants.
Moi, stagiaire de l’association, qui reçois une personne un peu spéciale dans son genre, qui porte une robe avec des longs talons.
C’est une femme qui se fait remarquer en faisant des gestes avec ses cheveux.
Moi, comme toujours, qui accueille la femme pour demander quel est son problème.
En racontant son histoire, elle me lance des clins d’œil.
Moi qui ne comprends pas pourquoi elle me lance des clins d’œil.
La femme commence à poser des questions sur ma vie privée.
Et moi qui n’aime pas mélanger vie professionnelle et vie privée.
Elle commence à aller plus loin. Elle me demande si je suis mariée. Elle dit qu’elle me trouve belle.
Moi choquée, mais la situation est drôle.
Elle lance des regards qui me mettent mal à l’aise.
Moi qui trouve une bonne excuse pour sortir, tellement je suis gênée.
Je demande à une personne de prendre le relais.

Sarah


Texte écrit pendant les ateliers des 12 et 19 janvier 2021 avec le groupe de Première.

Mon étoile

Devant ma fenêtre, chaque jour, je vois quelque chose de merveilleux, magique, persuadant, extraordinaire, hypnotisant, impossible à éviter ; cette chose est une étoile. Je comprends dans toutes vos têtes : pourquoi tous ces compliments pour cette étoile ? Je la complimente et je tiens à elle, car c’est la seule lumière que j’ai dans ma vie avant la mort, le soleil m’évite car je suis sombre, la lumière disparaît car je la couvre, l’étoile était là, sera là, toujours là. Mon étoile.

Sunjay

Je sors de chez moi

La pente

Je descends la pente
Sous la pluie et le froid
Le feu !
Un monument aux morts de la guerre
Métro Père-Lachaise
Les bruits, les bousculades
Dévalant les escaliers tel un automate
Ignorant les pubs des murs du métro
La musique aux oreilles
Je défile dans la rue avec détermination
Je monte la pente

Simple voyage

Je sors de chez moi
Je prends l’ascenseur
J’arrive devant le
Miroir et
Je m’aperçois
En jogging et sweat-shirt
Et je vais jeter des
Déchets

La solitude

La cour
Je suis seul
Il fait très très froid
Je marche pour prendre le tramway
Des gouttes de pluie qui coulent de partout
D’autres étudiants attendent le tramway
Pendant mon trajet je suis calme
Je valide mon Navigo je descends les escaliers
Des amis, anciens amis, étudiants provenant d’autres lycées
Partant vers Levallois ou vers Gallieni
Pendant mon trajet je m’ennuie
Je monte les escaliers
Je descends les escaliers j’attends mon métro
Je monte dans le métro
Je passe Réaumur-Sébastopol et arrive à Alexandre-Dumas
Même des fois, je suis en avance
Je marche, la montée pour venir au lycée
La route
J’arrive à mon lycée

La tronche du matin

Moi
Traversant cette rue, ma rue
Rejoignant le métro
Sous ce ciel gris
Sous ce ciel maussade, fade
Je dénoue mes écouteurs
Comme chaque matin de cours
Dans mes écouteurs ma playlist du matin
Ma playlist chill
Tout droit le métro
La ligne 13 qui m’attend
Cette ligne bourrée de monde
Ma carte de transport à la main
Puis dévalant machinalement les escaliers
Je me la joue mannequin le temps d’un instant
Le métro arrive

Moi
Tirant la tronche du matin
M’emmitouflant dans mon pull
Je surfe sur les réseaux sociaux
Et j’arrive

En respirant

Je me réveille en respirant, puis je sors en expirant
je me dirige vers la ligne 2, mais j’ai un petit creux
donc je mange du chocolat et j’attends Alexandre-Dumas

Rue Olivier-Métra

Rue Olivier-Métra
Froid le matin
Temps pluvieux
J’attends au feu
Je suis attentive au bus qui arrive à une heure précise
Je suis fatiguée mais la musique me fait tenir debout
Quelquefois je concentre ma vision sur les lumières des magasins

C’est devenu une habitude

C’est devenu une habitude
Je prolonge la petite rue jusqu’au feu rouge
Je prolonge le chemin de la petite forêt
À ma gauche le nouveau bâtiment est en construction
À ma droite toutes sortes d’arbres, de cerisiers, de chênes
Une fois sortie de la petite forêt
Je prolonge encore le chemin jusqu’à l’escalier
Là on peut voir le métro
Précipitée de prendre le métro
Je reste debout qu’à la station Alexandre-Dumas
Je prolonge la longue rue jusqu’au passage piéton
Au loin on peut déjà voir le lycée
Je marche tout droit, puis enfin
Arrivée au lycée
Soulagée et essoufflée

I’m a libra

Je sors de chez moi
J’ai la flemme
Mes écouteurs dans mes oreilles pour ne pas entendre les gens
J’arrive au lycée
Je vois des personnes
que j’aime pas

Déjà que j’ai la flemme d’aller à l’école
En plus il fait noir
Quand je sors

Je vois

Quand je sors de chez moi
J’observe le sol
Je vois les arbres qui perdent leurs feuilles
Les feu tricolores
Les bouchons les embouteillages
Les gens qui se bousculent
Ceux qui courent comme moi chaque matin pour avoir le bus
Ceux qui sont pressés pour le travail
Les gens qui font sortir les chiens pour les promener
La montée de la pente avant d’arriver dans mon lycée
Très fatigant
Les élèves qui attendent l’ouverture de la porte

De la lenteur à la vitesse !

Je sors de chez moi j’ai froid
Un arrêt de bus et un tabac
Dans le bus l’ambiance est calme
Je prends le métro j’ai chaud
Alexandre-Dumas
Il me reste toujours deux ou trois minutes
La porte va se fermer !
C’est le marathon !
Arriver au lycée
Très essoufflé

Carefree

La porte se claque
Clic, le téléphone s’allume
Ma clope s’anime
Vibration sonore ou oreilles bouchées par mes écouteurs
Et là je suis toujours là
Play — Game Over
Cerveau s’éteint
Un pas, un pied devant le précédent
Jusqu’au lycée du président

Poèmes d’Emeline, Firasse, Grâce, Imene, Maëva, Myriam, Nassim, Orphé, Paul, Sarah, Sunjay écrits les mardis 29 septembre et 13 octobre 2020.

À travers la fenêtre j’ai vu un insecte passer

L’année dernière, on a écrit sur la vie d’étudiante au lycée. […] Moi, j’aimerais qu’on parle de la communication entre les enfants et les grands (famille ou proches) parce que, pour moi, je pense que souvent on nous impose de faire certaines choses qu’on n’a pas forcément envie de faire, mais on n’arrive pas à l’exprimer, vu que la communication et la patience n’y sont pas vraiment. […] Aujourd’hui je suis allée en cours juste pour une heure, je suis revenue l’après-midi pour la cantine. Ensuite, je suis allée au CDI pour faire la journaliste. En ce moment, je suis en A.P. et c’est fort sympathique. Je suis très heureuse, car j’ai retrouvé mon acolyte de classe que je vois désormais une fois par semaine. […] Je lis des livres d’Harry Potter, des livres fantastiques. Je lis des mangas. J’ai aidé à ranger le CDI. J’écris des histoires. […] Je veux que quelqu’un change de classe, mais elle ne peut pas. J’aimerais bien écrire un truc basé sur l’honneur. C’est bientôt mon anniversaire. Il y a plusieurs trucs qui m’énervent : le masque ; commencer à 8 heures ; ne pas pouvoir aller à un concert à cause du covid. […] Le lycée : je veux changer de classe ; les retards fréquents de la prof de français. Les sujets qui m’intéressent : la désinformation des médias et ses conséquences sur la population. En deuxième position, la psychologie et la manière de penser des enfants de l’ASE. En troisième position, le satanisme et les sectes. En quatrième position, les traditions (fêtes, tenues traditionnelles, plats, architecture…) de chaque région de certains pays. En cinquième position, je propose un tuto : comment faire un road-trip. En sixième position, les injustices faites à l’ASE aux jeunes. […] Je peux pas m’exprimer à l’écrit quand je suis énervée. […] Je sors du lycée et je croise mon ami à moi, il me dit : Ça va ? Je réponds oui, tu vas au foot aujourd’hui ? Il me dit oui, j’ai entraînement à 19h30. […] Aujourd’hui, pendant le dernier cours, à travers la fenêtre j’ai vu un insecte passer et aussi un pigeon.

Journal du mardi 22 septembre (première séance d’atelier) par Aimal, Emeline, Grâce, Imene, Maëva, Myriam, Paul, Sarah, Sunjay (dans le désordre).