Vivre ou mourir ?

L’autre côté, je refuse d’y aller. Je me suis acharnée, battue, je ne peux pas me laisser entraîner par cette obscurité. Réussirai-je ? Je ne sais pas, ou plutôt : je l’espère. J’entends tout ce qu’ils disent autour de moi, et des choses que je ne dois sûrement pas savoir. Dans ces moments-là, je souhaiterais mourir. Or, je suis sur un lit d’hôpital. Je suis peut-être égoïste. Je me demande si je veux vraiment y aller. Qu’est-ce qui m’attend ? L’enfer ? Le paradis ? Je ne suis plus sûre de rien du tout. Finalement, si l’enfer et le paradis existent, où irai-je ? Je suis perdue dans l’obscurité. Mon jugement dernier, c’est ce que je redoute le plus. Enfer, paradis. Plus j’y pense, et moins je suis sûre que la vie en vaut la peine. Est-ce que je veux vraiment vivre ? Telle est la question.

« Tu sais comment elle est morte, cette patiente ?
— Pas du tout. Sa famille ne veut pas le dire.
— Ils l’ont sûrement tuée. »

Quoi ? Même eux ne savent pas ce qui m’est arrivé… J’entends tout. Qui peut m’aider ?

Adama


Texte écrit pendant les ateliers des 4, 11 et 18 janvier 2021 avec la classe de Seconde C, sur le thème « de l’autre côté », après lecture du début du Passe-muraille de Marcel Aymé et d’un extrait du Grand Meaulnes d’Alain-Fournier.

Démon à l’ange

Lundi 4 janvier, je regardais le cimetière par la fenêtre. Soudain, je vois quelque chose de vert, gluant et géant, qui avance lentement. Une créature très étrange. Je vois un petit garçon marcher dans le cimetière. Le petit regardait s’il y avait quelqu’un, cependant il ne savait pas qu’il y aurait un monstre. Le garçon marche jusqu’à trouver la tombe de sa mère et tout d’un coup le monstre le voit. Il marche très lentement pour ne pas que le garçon l’aperçoive. Le pouvoir de cette créature est de disparaître quand elle veut. Elle tue des personnes avec un regard perçant.

Je regardais le monstre par la fenêtre. Il était dans un cimetière et il faisait nuit, c’était noir. Je voyais noir, au début, puis j’ai vu le monstre gluant. De partout, il ne pouvait plus bouger. Au début, je ne comprenais pas, puis je me suis dit qu’il avait une vision. Il avait des yeux qui tournaient. Il avait des flashbacks du garçon en train de pleurer. Il a eu aussi un flashback où il était en train de le tuer. Ça l’a mis en colère. Plus il tuait des gens avec son regard, plus il perdait un peu de son pouvoir.

Joris


Texte écrit pendant les ateliers des 4, 11 et 18 janvier 2021 avec la classe de Seconde C, sur le thème « de l’autre côté », après lecture du début du Passe-muraille de Marcel Aymé et d’un extrait du Grand Meaulnes d’Alain-Fournier.

Tout doux le loup

De l’autre côté de la porte du lycée se trouve mon manoir. Et moi, ce matin, je suis bloqué dans le lycée, dans une classe, et j’aimerais m’enfuir par les airs. La fenêtre du CDI est la plus proche de mon manoir. Je veux partir, car ce que nous travaillons ne m’intéresse pas.

Dans mon manoir m’attend mon loup que j’ai trouvé avant-hier, derrière les buissons de mon manoir. Je voudrais m’enfuir pour m’occuper de lui car, quand je l’ai récupéré, il pissait le sang.

Quand je suis arrivé à mon manoir, j’ai trouvé une personne, et cette personne était mon loup qui s’était transformé en humain. J’ai donc trouvé un loup magique, qui s’appelle Arnold. Il était en train de me préparer à manger, il préparait de la purée, et il avait fait le ménage dans tout l’manoir, la vaisselle, etc. Nous avons commencé à discuter. Il m’a dit son nom, son âge, et comment il s’est trouvé dans ces buissons. Il m’a dit que c’est un loup âgé qui lui a infligé cette blessure pendant qu’il s’échappait de son collège (le collège des loups) parce qu’il en avait vraiment marre de cette matière, le français. Il voulait sécher son cours, mais le loup âgé le suivait pour le manger, car il avait les crocs.

Quand je l’ai emmené dans mon manoir, une heure après qu’il s’est transformé en humain, il m’a dit que sa blessure s’est régénérée seule quand il a dit « tout doux le loup », car c’est ce que sa mère lui disait pour soigner ses blessures.

Karamoko


Texte écrit pendant les ateliers des 4, 11 et 18 janvier 2021 avec la classe de Seconde C, sur le thème « de l’autre côté », après lecture du début du Passe-muraille de Marcel Aymé et d’un extrait du Grand Meaulnes d’Alain-Fournier.

Derrière l’écran entre amis

De l’autre côté de mon écran, en conversation avec ma meilleure amie. Je me rappelle les meilleurs souvenirs de ma famille, et aussi ceux de mes amis, et les sorties entre amis. Et surtout, ce qui me manque le plus c’est la nourriture que ma mère aimait faire tout le temps pour moi.

Pour moi, je vois que la Côte d’Ivoire est un pays sociable et très accueillant, car là-bas tu as toujours le sourire aux lèvres, les amis très rigolos. Et aussi, en Côte d’Ivoire, il y a un langage que les jeunes de mon âge adorent parler, qui s’appelle le « nouchi ». Le nouchi est une sorte de langue, telle que le français, l’anglais, le malinké, et celles des autres ethnies du monde.

« Y a pas drap, on s’attrape un jour ! »

En Côte d’Ivoire il y a des endroits que les touristes aiment beaucoup visiter, comme la basilique Félix Houphouët-Boigny à Yamoussoukro, les lacs aux caïmans, et la fondation Félix Houphouët-Boigny de Yamoussoukro pour la recherche de la paix.

Nos frères et sœurs de l’étranger, que ce soit du Sud, de l’Est, de l’Ouest ou du Nord, n’oublient jamais ce pays qui reste toujours dans leur cœur. Vivre dans ce pays de tolérance, d’amour de paix, et ensemble nous devons cultiver la cohésion sociale.

Nelly


Texte écrit pendant les ateliers des 4, 11 et 18 janvier 2021 avec la classe de Seconde C, sur le thème « de l’autre côté », après lecture du début du Passe-muraille de Marcel Aymé et d’un extrait du Grand Meaulnes d’Alain-Fournier.

La découverte du monde extérieur

Un vendredi soir, vers 20 heures, je suis complètement KO. Je suis assise sur mon canapé. Je fixe mon mur et je m’aperçois que je vois au travers, chez mes voisins. Je me frotte les yeux, car je n’y crois pas. Je découvre que j’ai un pouvoir et je décide de m’en servir. Du coup, je continue de regarder chez mes voisins.

Je découvre un monde complètement différent du nôtre. Je me rends compte que c’est le futur. Je n’en crois pas mes yeux, je trouve ça incroyable, je suis choquée. La technologie est complètement avancée. Puis, j’aperçois quelqu’un qui me ressemble comme des gouttes d’eau et je comprends que c’est moi dans le futur. Je ne m’y attendais pas, mais pas du tout.

Pour revenir au moment où je regardais chez mes voisins : leur maison était complètement différente de la mienne. Il y avait des écrans aux murs, etc.

Mais revenons à mon double. Du coup, je m’aperçois que je vis différemment de comme je suis maintenant. Je n’ai plus les mêmes goûts, j’ai changé de style. Et je vois que je vis avec une personne que je n’apprécie pas dans le monde où je vis aujourd’hui. Je suis choquée, car je n’aurais jamais cru vivre avec cette personne.

Kadi


Texte écrit pendant les ateliers des 4, 11 et 18 janvier 2021 avec la classe de Seconde C, sur le thème « de l’autre côté », après lecture du début du Passe-muraille de Marcel Aymé et d’un extrait du Grand Meaulnes d’Alain-Fournier.

L’enfant espionneur

Ma voisine lit le journal tous les jours à 10 heures, accompagné de son café et croissant. Tout en mangeant, elle lit. Ensuite, elle part faire promener ses chats et leur donne de la nourriture. Ce qui se passe une fois qu’elle a fini : elle lit et, vers 16 heures, elle invite ses copines à boire le thé et manger des petits gâteaux. Elles discutent jusqu’à 18 heures, puis chacune rentre chez elle.

Mon voisin est un connard. Un homme cruel et vulgaire qui passe son temps à mentir à sa femme. À lui mentir ! C’est injuste. La femme est gentille, c’est dommage, elle me fait de la peine, elle ne mérite pas ça. Je me pose la question : pourquoi il trompe sa femme en enchaînant les conquêtes ?

Il y a un voisin que je croise souvent, qui m’aide énormément. C’est comme mon grand frère, il m’aide souvent pour les études et les problèmes à l’école. Il passe son temps à lire et il est très mystérieux.

Il y a un autre enfant de mon école. Celui-là, il a treize ans, mais il passe son temps à boire, fumer, ne jamais respecter les vieux, et il est cruel, car il vole de l’argent à sa maman qui en a besoin.

Chacun de ces voisins, j’adore les observer. Je suis un enfant très curieux, mais à mes risques et périls… La curiosité est un vilain défaut, donc je me tais.

Ma vieille voisine, je l’aime bien. Elle me donne des petits gâteaux et des chouquettes pour le goûter de 16 heures à l’école. Je l’aime beaucoup, mais la pauvre, personne ne vient lui rendre visite, à part ses amies, car ses enfants ne pensent qu’à son héritage plutôt qu’à sa gentillesse. Elle a compris qu’elle mourra seule dans sa tombe. À quoi sert la famille dans ce cas ?

Le voisin qui trompe sa femme, sa femme l’a déjà su, mais elle est amoureuse. Ça ne sert à rien de l’avertir. J’ai peur des représailles et des conséquences car, la triste réalité, elle ne la croira jamais. Il s’en prendra à moi. Dans la vraie vie, les justiciers n’existent pas, ça n’existe que dans les films.

Finalement, cet ami, j’ai fini par avoir de ses nouvelles, malgré ses quatre mois d’absence. Je lui reste reconnaissant de son aide, même s’il m’a laissé tomber du jour au lendemain. L’amitié, c’est comme l’essence et les roues. Il ne faut pas regarder dans le rétroviseur, mais dans le pare-brise, car c’est le futur qui est important.

Et cet enfant de diable, je le hais. Il est dans mon école. C’est un voleur et je ne peux rien faire, car il est puissant. Il a beaucoup d’amis et des gens qui le protègent.

J’ai compris une chose. Je préfère me taire, car je tremble. J’ai peur. Je ne sais pas dire pourquoi, mais je sais que ça va finir, tout ça. La vie est injuste et les justiciers n’existent pas.

H. Alami-Binani


Texte écrit pendant les ateliers des 4, 11 et 18 janvier 2021 avec la classe de Seconde C, sur le thème « de l’autre côté », après lecture du début du Passe-muraille de Marcel Aymé et d’un extrait du Grand Meaulnes d’Alain-Fournier.

Mon monde

De l’autre côté de la frontière, il y a un monde inconnu. Il y a des océans. Il y a des vies dans des villes et dans des océans. Il y a beaucoup de gens dans les transports ou dans les musées… Le voyage est un endroit où tout le monde rêve d’aller, malheureusement c’est un peu trop cher. On peut visiter d’autres mondes, par exemple : la Chine, les États-Unis, la France, etc., ou les animaux rares qu’on a très envie d’aller voir, par exemple : le tigre blanc, les ours blancs ou les kangourous. Il y a des montagnes pour faire du ski ou de la luge. Il y a des climats : la chaleur, le froid, la neige, les nuages, les pluies et l’orage, les catastrophes naturelles comme les tremblements de terre.

Je suis dans un monde dans lequel je ne connais personne. Dans ce monde il y a des villes. Il y a des vies dans les océans. Je passe partout, j’explore le monde. Une fois, je suis allée dans le métro. Il y avait beaucoup de monde, surtout dans certains transports. Une fois sortie du métro, il a commencé à pleuvoir, alors j’ai sorti mon parapluie pour rentrer chez moi.

« Ce monde, c’est mon univers et personne ne le contrôlera. »

Vous pouvez me voir par les rayons du soleil, mais pas dans la nuit. Je suis invisible, je suis une ombre.

Olivia


Texte écrit pendant les ateliers des 4, 11 et 18 janvier 2021 avec la classe de Seconde C, sur le thème « de l’autre côté », après lecture du début du Passe-muraille de Marcel Aymé et d’un extrait du Grand Meaulnes d’Alain-Fournier.

La différence

Les Ouïghours, j’aimerais en savoir plus sur ce sujet. Qu’est-ce qui se passe là-bas ? Comment vivent-ils ? Je me pose des questions sur eux. Est-ce qu’ils survivent aux bavures ? Ce sujet m’intrigue. Je me renseigne souvent, mais je ne trouve rien. Du coup, j’imagine. Je crois qu’il y a beaucoup d’injustice. Se faire juger à cause de sa différence… Il y a des femmes qui se font battre juste à cause de leurs croyances. On leur fait faire des travaux forcés. Je me suis intéressé à ce sujet, car c’est devenu international et toutes les générations s’y intéressent. Je me sens proche de ces personnes qui se font battre, car j’ai la même religion qu’eux. Je les défends. Pourquoi condamner des gens différents ? On a tous le droit d’être libre. Je sens une grande tristesse envers ces gens, j’ai envie de les défendre. À la télé, on n’en parle pas beaucoup, alors qu’ils méritent d’être beaucoup plus défendus.

Sidi-Mohammed


Texte écrit pendant les ateliers des 4, 11 et 18 janvier 2021 avec la classe de Seconde C, sur le thème « de l’autre côté », après lecture du début du Passe-muraille de Marcel Aymé et d’un extrait du Grand Meaulnes d’Alain-Fournier.

On se revoit quand ?

Un ami à moi, que je côtoie, est parti en Turquie, mais nous sommes toujours en contact bien qu’il ne soit pas dans le même pays que moi. Je vois quand même ce qu’il fait, parce qu’il m’envoie des vidéos. J’essaie un peu d’imaginer les endroits.

« Comment ça se passe, tes vacances ? Tu as fait quoi de beau aujourd’hui ?
— Très bien ! J’ai fait du jet ski à la plage, et là je vais aller manger un kebab… »

Je ne lui envoie pas spécialement beaucoup de messages, mais dès qu’il me donne des nouvelles ça me fait plaisir, car c’est un ami que j’aime beaucoup.

Anfal


Texte écrit pendant les ateliers des 4, 11 et 18 janvier 2021 avec la classe de Seconde C, sur le thème « de l’autre côté », après lecture du début du Passe-muraille de Marcel Aymé et d’un extrait du Grand Meaulnes d’Alain-Fournier.

Ai-je été abandonné ?

Ça fait un moment, maintenant, que j’aime la Corée. Plus précisément, la Corée du Sud. Grâce à des séries coréennes, je sais dire quelques mots en coréen. La culture, la tradition, tout m’intéresse là-bas ! Sur les images de la Corée, à l’arrière-plan, on voit une belle vue. Leurs nourritures ont l’air délicieuses, leurs façons de vivre.

Parfois, quand je suis seul, j’imagine la vie d’une famille là-bas. La famille Choi. Ils sont quatre : les parents, une fille de douze ans, un garçon de sept ans. Ils ont une situation stable financièrement. Mais leur situation familiale n’est pas aussi extraordinaire qu’on le pense. Les deux parents ne s’aiment plus, mais ne veulent pas se séparer pour ne pas détruire les enfants. La jeune fille de douze ans, Hina, a compris assez tôt qu’ils ne s’aimaient plus, et qu’ils restent ensemble pour eux.

Hina est persuadée que ses parents ont fait un enfant avant elle, depuis une dispute, une nuit.

Cette nuit-là, la jeune fille avait une envie soudaine de boire de l’eau. Mais les voix de ses parents lui ont fait changer d’avis. Elle s’est dirigée vers ces voix, et il a suffi qu’une phrase sorte de la bouche de sa maman pour qu’elle soit outrée. Elle retourna dans sa chambre. Plus aucune envie de boire de l’eau. Elle se blottit sur son lit, sous sa couverture, avec cette phrase qui se répétait dans sa tête sans arrêt :

« Alors pourquoi tu ne veux pas que je récupère mon fils à l’orphelinat ? Il doit se sentir seul et abandonné. On a les moyens de vivre à cinq ! »

Si je pense à tout ça, c’est parce que j’aimerais que ma famille biologique vienne me récupérer. Cet enfant abandonné, dans cette famille en Corée, c’est peut-être moi.

Yamina


Texte écrit pendant les ateliers des 4, 11 et 18 janvier 2021 avec la classe de Seconde C, sur le thème « de l’autre côté », après lecture du début du Passe-muraille de Marcel Aymé et d’un extrait du Grand Meaulnes d’Alain-Fournier.